Parfums, chants et couleurs, 1878· Parfums chants et couleurs
Héléna
Héléna Changée en sonnet
Héléna, dans le pampre et les liserons bleus,Lustrait ses cheveux roux ! ! ! Sous leurs touffes vermeilles,Plongeant ses doux rayons, le soleil amoureux,De ses beaux seins mouvants titillait les merveilles.
Tout en fenêtre en face, un poëte envieuxLa guettait l’œil en feu, du sang dans les oreilles ! ! !Lors, des vers susurrant sous son cerveau fiévreux,De s’élancer vainqueurs, essaimant comme abeilles…
Les voilà, s’acharnant à leur proie ; et le soirL’astre jaloux, avant de s’abîmer, put voirLorgnant obliquement de la rive orangée,
Sous les baisers pourprés de quatorze grands vers,Héléna, renversé et les yeux à l’envers,Se tordre convulsive, en un sonnet changée.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Parfums, chants et couleurs, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1878· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources