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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Parfums, chants et couleurs, 1878· Parfums chants et couleurs

La république universelle

Gustave Mathieu· CHANT· 60 vers

I

Partout, du couchant à l’aurore,Ils sont debout, tous les tyrans !Les champs, les flots, tout se coloreDu sang qui coule par torrents.On exile, on vole, on assomme ;On embastille les meilleurs.Qui nous sauvera ? dieux vengeurs !Plus de citoyens ! pas un homme !

Chœur

Tenant le mal sous son genou vainqueur,Aile étendue et la dextre crispéeAu pommeau d’or de son ardente épée,Voici venir l’ange exterminateur !

II

Peuples, c’est Dieu qui vous l’envoie.Que tous les cours, sous les haillons,Bondissent d’orgueil et de joie !Quittez l’enclume et les sillons.Le jour des sublimes colèresSe lève enfin pour les derniers,Qui vont devenir les premiersPar la faux, la flamme et les pierres.

III

Criblant les airs d’armes rouillées,Marchez épais comme les blés,Contre les cohortes souilléesDe tous les repus assemblés.Dans leur démence titanique,Ils voudraient, sur nos libertés,Escalader, nains révoltés,Le ciel de notre République.

IV

Comme le maître de la foudre,Son bras nu rougissant les cieux,Le peuple va réduire en poudreCes insensés et leurs faux dieux ! ..Avec la faim et l’injustice,Les hommes noirs, les entêtésEt les tueurs de libertés,Il faut pourtant qu’on en finisse.

Tenant le mal sous son genou vainqueur,Aile étendue et la dextre crispéeAu pommeau d’or de son ardente épée,Voici venir l’ange exterminateur !

V

Au son des trompettes dernières,Que l’écho répète à l’écho !…Le mal s’écroule en bruits de pierreComme les murs de Jéricho !…Hourrah … la République est rondeEt va tourner du vrai côté,Sur l’axe de la vérité,Dans les espaces comme un monde.

VI

Plus de guerres, et plus de haines,Sept fois la nature a chanté,Par les monts, les bois et les plaines,Le doux chant de Fraternité !Quand nos sillons et nos rivièresS’empourpreront dorénavant,Que ce soit du soleil levant…Et non plus du sang de nos frères !…

Chœur

Poussant le mal de son genou vainqueur,Aile abattue et la dextre crispée,Laissant tomber sa flamboyante épée,Il a passé, l’ange exterminateur !

60 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Parfums, chants et couleurs, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1878· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources