Des vers, 1868‑1880
Terreur
Ce soir-là j’avais lu‖ fort longtemps quelque auteur.Il était bien minuit,‖ et tout à coup j’eus peur.Peur de quoi ? je ne sais,‖ mais une peur horrible.Je compris, haletant‖ et frissonnant d’effroi,Qu’il allait se passer‖ une chose terrible…Alors il me sembla‖ sentir derrière moiQuelqu’un qui se tenait‖ debout, dont la figureRiait d’un rire atroce,‖ immobile et nerveux :Et je n’entendais rien,‖ cependant. O torture !Sentir qu’il se baissait‖ à toucher mes cheveux,Et qu’il allait poser‖ sa main sur mon épaule,Et que j’allais mourir‖ au bruit de sa parole !…Il se penchait toujours‖ vers moi, toujours plus près ;Et moi, pour mon salut‖ éternel, je n’auraisNi fait un mouvement‖ ni détourné la tête…Ainsi que des oiseaux‖ battus par la tempête,Mes pensers tournoyaient‖ comme affolés d’horreur.Une sueur de mort‖ me glaçait chaque membre,Et je n’entendais pas‖ d’autre bruit dans ma chambreQue celui de mes dents‖ qui claquaient de terreur.
Un craquement se fit‖ soudain ; fou d’épouvante,Ayant poussé le plus‖ terrible hurlementQui soit jamais sorti‖ de poitrine vivante,Je tombai sur le dos,‖ roide et sans mouvement.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 4[aa] 3[abab] 1[abba]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a auteur / peur masculine, classiqueb horrible / terrible féminine, classiquec d’effroi / moi masculine, classiqued figure / torture féminine, classiquee nerveux / cheveux masculine, classiquef épaule / parole féminine, classiqueg près / n’aurais masculine, équivalenteh tête / tempête féminine, classiquei d’horreur / terreur masculine, classiquej membre / chambre féminine, classiquea d’épouvante / vivante féminine, classiqueb hurlement / mouvement masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, LOUIS CONNARD LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1908· numérisation ÉFÉLÉ· Sources