Le soleil de minuit, 1875
« Qu'est-ce donc qu'a la nuit ? un lent reflux circule »
Qu'est-ce donc qu'a la nuit ?‖ un lent reflux circuleDans la paix du livide‖ et stagnant crépuscule ;Et comme soulevé‖ par des ensevelisLe blanc linceul du Nord‖ s'émeut en ses grands plis.C'est qu'une rougeur naît,‖ vers l'est, dans la pénombre ;Tel transpire un rayon‖ du sépulcre moins sombre,Quand le ressuscité‖ qui traîne un long lambeauLève sur les degrés‖ la lampe du tombeau !
La rougeur s'épaissit,‖ s'élargit, veut éclore,Pousse, opaque rondeur,‖ les ombres, croît encore,Plane ! et domine au loin‖ les polaires pâleurs.
C'est le soleil nocturne,‖ effroi des loups hurleurs !
Sur un blême sommet‖ d'où la nuit se reploieL'astre, pesant, séjourne,‖ et, large et plein, rougeoie.Fuite blanche, une brusque‖ avalanche, par bonds,Roule, revient, ressaute‖ et croule aux vais profonds :L'orbe morne, vermeil‖ dans l'ombre refoulée,Dégorge sur la neige‖ une rose coulée.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a circule / crépuscule féminine, classiqueb ensevelis / plis masculine, classiquec pénombre / sombre féminine, classiqued lambeau / tombeau masculine, classiquea éclore / encore féminine, classiqueb pâleurs / hurleurs masculine, classiquea reploie / rougeoie féminine, classiqueb bonds / profonds masculine, classiquec refoulée / coulée féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, Bibliothèque Charpentier, 1892· numérisation poesies.net· Sources