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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Pagode, 1866

La Détresse des Dévas

Catulle Mendès· 2 distiquess, alexandrins, 45 vers

Qui donc vaincra le noir‖ Nuage, et d'une mainQui s'ouvre à coups de foudre‖ un flamboyant chemin,Ira saisir au cœur‖ des ténèbres profondesLes receleurs du jour‖ adorable et des ondes,Comment passeur prend des‖ renards dans leurs terriers,Sinon Indra, le plus‖ illustre des guerriersQui monte sur les chars‖ de bataille ? Mais l'ombreEst vaste. Dans lequel‖ des abimes sans nombreDescendre ? Le Berger‖ du ciel ignore encorOù languit le troupeau‖ rosâtre, aux cornes d'or,Et, mordant de dépit‖ sa barbe fauve et bleue,Il hésite.Non loin gît la Chienne sa queueEst inerte ; l'ennui‖ voile son œil ardent,Indra dit « Dans le gouffre‖ obscur de l'occident,Ne vois-tu rien, ô toi‖ qui découvres les pistes ? »Elle dit « Rien » La Chienne‖ et le Berger sont tristes.

Près d'eux, les trente-trois‖ Dévas, fronts anxieux,Déplorent la splendeur‖ déchue hélas des cieuxOù ne ruisselle plus‖ le lait des vaches roses.Twactri, l'aïeul clément,‖ qui rend la forme aux choses ;Agni, fils de la force‖ et seigneur des tribus,Dont la langue palpite‖ autour des vases busEt claque, rouge, au vent,‖ comme une banderoleLa Libation sainte‖ et la sainte ParoleÇoma, Hotra, Brahman‖ et les Mortiers divinsLe couple étincelant‖ de givre, les AçvinsQui frappent l'ennemi‖ tel que deux lourdes pierresOurvaçi, qui rouvrait‖ à l'aube ses paupièresEt maintenant s'éteint‖ comme un lotus flétri ;Les trois Charrons issus‖ d'Angira, ÇavitriQu'emporte le galop‖ bruyant des sept cavales ;Les Ritous qui, marchant‖ à d'égaux intervalles,Scandent le temps hâtif‖ de leurs pas régulier,Interrogent, courbés‖ et mornes, le BélierDu Sacrifice, au fond‖ de ciel crépusculaire ;Et sans trêve, les poings‖ crispés par la colère,Roudra hurle, fouillant‖ l'ombre, et de toutes partsL'ombre geint sous le fouet‖ des Maroutes épars,Tandis que Varouna,‖ roi des nocturnes heures,Et Mithra, qui se plaît‖ dans les claires demeures,D'un vol commun, tant l'ordre‖ éternel est détruit,Mêlant au jour serein‖ la détestable nuit,Semblent un grand oiseau‖ lourd d'horreur et de gloireDont une aile serait‖ d'azur et l'autre noire !

Versification

Forme
2 distiquess (distiques)
Rimes
22((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6−6
Strophes
2 distiquess
Mots à la rime
a main / chemin masculine, classiqueb profondes / ondes féminine, classiquec terriers / guerriers masculine, classiqued l'ombre / nombre féminine, classiquee encor / d'or masculine, classiquef bleue / hésite / queue féminine, classiqueg ardent / l'occident masculine, classiqueh pistes / tristes féminine, classiquea anxieux / cieux masculine, classiqueb roses / choses féminine, classiquec tribus / bus masculine, classiqued banderole / Parole féminine, classiquee divins / Açvins masculine, classiquef pierres / paupières féminine, classiqueg flétri / Çavitri masculine, classiqueh cavales / intervalles féminine, classiquei régulier / Bélier masculine, classiquej crépusculaire / colère féminine, classiquek parts / épars masculine, classiquel heures / demeures féminine, classiquem détruit / nuit masculine, classiquen gloire / noire féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

45 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, Bibliothèque Charpentier, 1892· numérisation poesies.net· Sources