Œuvres, 1890· Poésie
La Bonne Fenêtre
Vois-tu ? c’est un pays de songe ;Le parc est plein de tourterelles,Un escalier d’or pâle plongeParmi les fleurs surnaturelles.
Les éperviers, l’aile charmée,S’endorment sur les tours fleuries ;Des paons épars dans la raméeÉparpillent des pierreries.
Joyeuses, sur les claires ondesD’un golfe paisible et splendide,Des galères aux voiles blondesAppareillent pour l’Atlantide.
Et des lys ravis par les brisesNeigent dans la douce venelle,Tandis qu’au loin des voix éprisesProclament la joie éternelle.
Mais toi, ma sœur, blanche et plaintive,Laissant choir la quenouille lasse,Telle qu’une reine captiveTu te penches sur la terrasse.
Et parmi les lourdes bannièresQui claquent dans le vent sonore,Tu lèves tes mains prisonnièresComme pour cueillir de l’aurore.
1889
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a songe / plonge féminine, classiqueb tourterelles / surnaturelles féminine, classiquea charmée / ramée féminine, classiqueb fleuries / pierreries féminine, classiquea ondes / blondes féminine, classiqueb splendide / l’Atlantide féminine, classiquea brises / éprises féminine, classiqueb venelle / éternelle féminine, classiquea plaintive / captive féminine, classiqueb lasse / terrasse féminine, classiquea bannières / prisonnières féminine, classiqueb sonore / l’aurore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, édition Lemerre, 1890· numérisation poesies.net· Sources