Les Potages FEYEUX, 1869
Crème de riz
Oui, la Crème de riz a ses métamorphoses.C’est ainsi l’autre soir qu’à mes regards surpris,Dans sa robe de lait, prête aux métempsycoses,Elle apparut — substance et potage sans prix.
J’en tombai tout d’abord éperdûment épris.Les mets se succédaient gibiers bruns poissons rosesEt bleus ; rien ne parlait à mes esprits moroses ;Car je pensais toujours à la Crème de riz.
Tout à coup se dressa selon les étiquettes,Un soufflé merveilleux et flanqué de croquettes.Chacun de s’écrier ! Moi seul, l’air morne et las,
Je restais tout entier à la Crème, là-bas…Quand soudain une voix tendre et des plus coquettes,Une voix murmura. — « C’est moi ! Ne le dis pas. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Potages FEYEUX, PARIS, H. Bataille, 1869· numérisation gallica.bnf.fr· Sources