Premières poésies, 1835
Don Paez
I had been happy, if the general camp,
Pioneers and all, had tasted her sweet body
So I had nothing known.OTHELLO.
I
Je n'ai jamais aimé,‖ pour ma part, ces bégueulesQui ne sauraient aller‖ au Prado toutes seules,Qu'une duègne toujours‖ de quartier en quartierTalonne, comme fait‖ sa mule au muletier ;Qui s'usent, à prier,‖ les genoux et la lèvre,Se courbant sur le grès,‖ plus pâles dans leur fièvreQu'un homme qui, pieds nus,‖ marche sur un serpent,Ou qu'un faux monnayeur,‖ au moment qu'on le pend.Certes, ces femmes-là,‖ pour mener cette vie,Portent un cœur châtré‖ de toute noble envie ;Elles n'ont pas de sang‖ et pas d'entrailles. — Mais,Sur ma tête et mes os,‖ frère, je vous prometsQu'elles valent encor‖ quatre fois mieux que cellesDont le temps se dépense‖ en intrigues nouvelles.Celles-là vont au bal,‖ courent les rendez-vous,Savent dans un manchon‖ cacher un billet doux,Serrer un ruban noir‖ sur un beau flanc qui ploie,Jeter d'un balcon d'or‖ une échelle de soie,Suivre l'imbroglio‖ de ces amours mignons,Poussés en une nuit‖ comme des champignons.Si charmantes, d'ailleurs !‖ aimant en enragéesLes moustaches, les chiens,‖ la valse et les dragées.Mais, oh ! la triste chose‖ et l'étrange malheur,Lorsque dans leurs filets‖ tombe un homme de cœur !Frère, mieux lui vaudrait,‖ comme ce statuaireQui pressait dans ses bras‖ son amante de pierre,Réchauffer de baisers‖ un marbre, mieux vaudraitUne louve affamée‖ en quelque âpre forêt.Ce que je dis ici,‖ je le prouve en exemple.J'entre donc en matière,‖ et, sans discours plus ample,Écoutez une histoire :Un mardi, cet été,Vers deux heures de nuit,‖ si vous aviez étéPlace San-Bernardo,‖ contre la jalousieD'une fenêtre en brique,‖ à frange cramoisie,Et que, le cerveau mû‖ de quelque esprit follet,Vous eussiez regardé‖ par le trou du volet,Vous auriez vu, d'abord,‖ une chambre tigrée,De candélabres d'or‖ ardemment éclairée ;Des marbres, des tapis‖ montant jusqu'aux lambris ;Çà et là, les flacons‖ d'un souper en débris ;Des vins, mille parfums ;‖ à terre, une mandoreQu'on venait de quitter,‖ et frémissant encore,De même que le sein‖ d'une femme frémitAprès qu'elle a dansé.‖ — Tout était endormi ;La lune se levait ;‖ sa lueur souple et molle,Glissant aux trèfles gris‖ de l'ogive espagnole,Sur les pâles velours‖ et le marbre changeantMêlait aux flammes d'or‖ ses longs rayons d'argent.Si bien que, dans le coin‖ le plus noir de la chambre,Sur un lit incrusté‖ de bois de rose et d'ambre,En y regardant bien,‖ frère, vous auriez pu,Dans l'ombre transparente,‖ entrevoir un pied nu.— Certes, l'Espagne est grande,‖ et les femmes d'EspagneSont belles ; mais il n'est‖ château, ville ou campagne,Qui, contre ce pied-là,‖ n'eût en vain essayé(Comme dans Cendrillon‖) de mesurer un pied.Il était si petit,‖ qu'un enfant l'eût pu prendreDans sa main. — N'allez pas,‖ frère, vous en surprendre ;La dame dont ici‖ j'ai dessein de parlerÉtait de ces beautés‖ qu'on ne peut égaler :Sourcils noirs, blanches mains,‖ et pour la petitesseDe ses pieds, elle était‖ Andalouse et comtesse.
Cependant, les rideaux,‖ autour d'elle tremblant,La laissaient voir pâmée‖ aux bras de son galant ;Œil humide, bras morts,‖ tout respirait en elleLes langueurs de l'amour,‖ et la rendait plus belle.Sa tête avec ses seins‖ roulait dans ses cheveux,Pendant que sur son corps‖ mille traces de feux,Que sa joue empourprée,‖ et ses lèvres arides,Qui se pressaient encor,‖ comme en des baisers vides,Et son cœur gros d'amour,‖ plus fatigué qu'éteint,Tout d'une folle nuit‖ vous eût rendu certain.Près d'elle, son amant,‖ d'un œil plein de caresse,Cherchant l'œil de faucon‖ de sa jeune maîtresse,Se penchait sur sa bouche,‖ ardent à l'apaiser,Et pour chaque sanglot‖ lui rendait un baiser.Ainsi passait le temps.‖ — Sur la place moins sombreDéjà le blanc matin‖ faisant grisonner l'ombre,L'horloge d'un couvent‖ s'ébranla lentement ;Sur quoi le jouvenceau‖ courut, en un moment,D'abord à son habit,‖ ensuite à son épée ;Puis, voyant sa beauté‖ de pleurs toute trempée :« Allons, mon adorée,‖ un baiser, et bonsoir !— Déjà partir, méchant !‖ — Bah ! je viendrai vous voirDemain, midi sonnant ;‖ adieu, mon amoureuse !— Don Paez ; don Paez !‖ Certe, elle est bien heureuse,La galante pour qui‖ vous me laissez sitôt.— Mauvaise ! vous savez‖ qu'on m'attend au château.Ma galante, ce soir,‖ mort-Dieu, c'est ma guérite.— Eh ! pourquoi donc alors‖ l'aller trouver si vite ?Par quel serment d'enfer‖ êtes-vous donc lié ?— Il le faut. Laisse-moi‖ baiser ton petit pied !— Mais regardez un peu,‖ qu'un lit de bois de rose,Des fleurs, une maîtresse,‖ une alcôve bien close,Tout cela ne vaut pas,‖ pour un fin cavalier,Une vieille guérite‖ au coin d'un vieux pilier !— La belle épaule blanche,‖ ô ma petite fée !Voyons, un beau baiser.‖ — Comme je suis coiffée !Vous êtes un vilain !‖ — La paix ! Adieu, mon cœur ;Là, là, ne faites pas‖ ce petit air boudeur.Demain, c'est jour de fête,‖ un tour de promenade,Veux-tu ? — Non, ma jument‖ anglaise est trop malade.— Adieu donc ; que le diable‖ emporte ta jument !— Don Paez ! mon amour,‖ reste encore un moment.— Ma charmante, allez-vous‖ me faire une querelle ?Ah ! je m'en vais si bien‖ vous décoiffer, ma belle,Qu'à vous peigner, demain,‖ vous passerez un jour !— Allez-vous-en, vilain !‖ — Adieu, mon seul amour ! »Il jeta son manteau‖ sur sa moustache blonde,Et sortit ; l'air était‖ doux, et la nuit profonde ;Il détourna la rue‖ à grands pas, et le bruitDe ses éperons d'or‖ se perdit dans la nuit.Oh ! dans cette maison‖ de verdeur et de force,Où la chaude jeunesse,‖ arbre à la rude écorce,Couvre tout de son ombre,‖ horizon et chemin,Heureux, heureux celui‖ qui frappe de la mainLe col d'un étalon‖ rétif, ou qui caresseLes seins étincelants‖ d'une folle maîtresse !
II
Don Paez, l'arme au bras,‖ est sur les arsenaux ;Seul, en silence, il passe‖ au revers des créneaux ;On le voit comme un point ;‖ il fume son cigareEn route, et d'heure en heure,‖ au bruit de la fanfare,Il mêle sa réponse‖ au qui-vive effrayantQue des lansquenets gris‖ s'en vont partout criant.Près de lui, çà et là,‖ ses compagnons de guerre,Les uns dans leurs manteaux‖ s'endormant sur la terre,D'autres jouant aux dés.‖ — Propos, récits d'amours,Et le vin (comme on pense‖), et les mauvais discoursN'y manquent pas. — Pendant‖ que l'un fait, après boire,Sur quelque brave fille‖ une méchante histoire,L'autre chante à demi,‖ sur la table accoudé.Celui-ci, de travers‖ examinant son dé,A chaque coup douteux‖ grince dans sa moustache.Celui-là, relevant‖ le coin de son panache,Fait le beau parleur, jure ;‖ un autre, retroussantSa barbe à moitié rouge,‖ aiguisée en croissant,Se verse d'un poignet‖ chancelant, et se griseA la santé du roi,‖ comme un chantre d'église.Pourtant un maigre suif,‖ allumé dans un coin,Chancelle sur la nappe‖ à chaque coup de poing.Voici donc qu'au milieu‖ des rixes, des injures,Des bravos, des éclats‖ qu'allument les gageures,L'un d'eux : « Messieurs, dit-il,‖ vous êtes gens du roi,Braves gens, cavaliers‖ volontaires. — Bon. — Moi,Je vous déclare ici‖ trois fois gredin et traître,Celui qui ne va pas‖ proclamer, reconnaître,Que les plus belles mains‖ qu'en ce chien de paysOn puisse voir encor‖ de Burgos à Cadix,Sont celles de dona‖ Cazales de Séville,Laquelle est ma maîtresse,‖ au dire de la ville ! »
Ces mots, à peine dits,‖ causèrent un haroQui du prochain couvent‖ ébranla le carreau.Il n'en fut pas un seul‖ qui de bonne fortuneNe se dît passé maître,‖ et n'en vantât quelqu'une :Celle-ci pour ses pieds,‖ celle-là pour ses yeux ;L'autre c'était la taille,‖ et l'autre les cheveux.Don Paez, cependant,‖ debout et sans parole,Souriait ; car, le sein‖ plein d'une ivresse folle,Il ne pouvait fermer‖ ses paupières sans voirSa maîtresse passer,‖ blanche avec un œil noir !
« Messieurs, cria d'abord‖ notre moustache rousse.La petite Inésille‖ est la peau la plus douceOù j'aie encor frotté‖ ma barbe jusqu'ici.— Monsieur, dit un voisin‖ rabaissant son sourcil,Vous ne connaissez pas‖ l'Arabelle ; elle est bruneComme un jais. — Quant à moi,‖ je n'en puis citer une,Dit quelqu'un, j'en ai trois.‖ — Frères, cria de loinUn dragon jaune et bleu‖ qui dormait dans du foin,Vous m'avez éveillé ;‖ je rêvais à ma belle.— Vrai, mon petit ribaud !‖ dirent-ils, quelle est-elle ? »Lui, bâillant à moitié :‖ « Par Dieu ! c'est l'Orvado,Dit-il, la Juana,‖ place San-Bernardo. »
Dieu fit que don Paez‖ l'entendit ; et la fièvreLe prenant aux cheveux,‖ il se mordit la lèvre :« Tu viens là de lâcher‖ quatre mots imprudents,Mon cavalier, dit-il,‖ car tu mens par tes dents !La comtesse Juana‖ d'Orvado n'a qu'un maître,Tu peux le regarder,‖ si tu veux le connaître.— Vrai ? reprit le dragon ;‖ lequel de nous iciSe trompe ? Elle est à moi,‖ cette comtesse aussi.— Toi ? s'écria Paez ;‖ mousqueton d'écurie,Prendras-tu ton épée,‖ ou s'il faut qu'on t'en prie ?Elle est à toi, dis-tu ?‖ Don Étur ! sais-tu bienQue j'ai suivi quatre ans‖ son ombre comme un chien ?Ce que j'ai fait ainsi,‖ penses-tu que le fasseCe peu de hardiesse‖ empreinte sur ta face,Lorsque j'en saigne encor,‖ et qu'à cette douleurJ'ai pris ce que mon front‖ a gardé de pâleur ?— Non, mais je sais qu'en tout,‖ bouquets et sérénades,Elle m'a bien coûté‖ deux ou trois cents cruzades.— Frère, ta langue est jeune‖ et facile à mentir.— Ma main est jeune aussi,‖ frère, et rude à sentir.— Que je la sente donc,‖ et garde que ta boucheNe se rouvre une fois,‖ sinon je te la boucheAvec ce poignard, traître,‖ afin d'y renfoncerLes faussetés d'enfer‖ qui voudraient y passer.— Oui-da ! celui qui parle‖ avec tant d'arrogance,A défaut de son droit,‖ prouve sa confiance ;Et quand avons-nous vu‖ la belle ? JustementCette nuit ?— Ce matin.— Ta lèvre sûrementN'a pas de ses baisers‖ sitôt perdu la trace ?— Je vais te les cracher,‖ si tu veux, à la face.— Et ceci, dit Étur,‖ ne t'est pas inconnu ? »
Comme, à cette parole,‖ il montrait son sein nu,Don Paez, sur son cœur,‖ vit une mèche noireQue gardait sous du verre‖ un médaillon d'ivoire ;Mais dès que son regard,‖ plus terrible et plus promptQu'une flèche, eut atteint‖ le redoutable don,Il recula soudain‖ de douleur et de haine,Comme un taureau qu'un fer‖ a piqué dans l'arène :« Jeune homme, cria-t-il,‖ as-tu dans quelque lieuUne mère, une femme ?‖ ou crois-tu pas en Dieu ?Jure-moi par ton Dieu,‖ par ta mère et ta femme,Par tout ce que tu crains,‖ par tout ce que ton âmePeut avoir de candeur,‖ de franchise et de foi,Jure que ces cheveux‖ sont à toi, rien qu'à toi !Que tu ne les as pas‖ volés à ma maîtresse,Ni trouvés, — ni coupés‖ par derrière à la messe !— J'en jure, dit l'enfant,‖ ma pipe et mon poignard.— Bien ! reprit don Paez,‖ le traînant à l'écart,Viens ici, je te crois‖ quelque vigueur à l'âme.En as-tu ce qu'il faut‖ pour tuer une femme ?Frère, dit don Étur,‖ j'en ai trois fois assezPour donner leur paiement‖ à tous serments faussés.— Tu vois, prit don Paez,‖ qu'il faut qu'un de nous meure.Jurons donc que celui‖ qui sera dans une heureDebout, et qui verra‖ le soleil de demain,Tuera la Juana‖ d'Orvado de sa main.— Tope, dit le dragon,‖ et qu'elle meure, commeIl est vrai qu'elle va‖ causer la mort d'un homme. »Et sans vouloir pousser‖ son discours plus avant,Comme il disait ce mot,‖ il mit la dague au vent.
Comme on voit dans l'été,‖ sur les herbes fauchées,Deux louves, remuant‖ les feuilles desséchées,S'arrêter face à face,‖ et se montrer la dent ;La rage les excite‖ au combat ; cependantElles tournent en rond‖ lentement, et s'attendent ;Leurs mufles amaigris‖ l'un vers l'autre se tendent.Tels, et se renvoyant‖ de plus sombres regards,Les deux rivaux, penchés‖ sur le bord des remparts,S'observent ; — par instants‖ entre leur main rapideS'allume sous l'acier‖ un éclair homicide.Tandis qu'à la lueur‖ des flambeaux incertains,Tous viennent à voix basse‖ agiter leurs destins,Eux, muets, haletants‖ vers une mort hâtive,Pareils à des pêcheurs‖ courbés sur une rive,Se poussent à l'attaque,‖ et, prompts à riposter,Par l'injure et le fer‖ tâchent de s'exciter.Étur est plus ardent,‖ mais don Paez plus ferme.Ainsi que sous son aile‖ un cormoran s'enferme,Tel il s'est enfermé‖ sous sa dague ; — le murLe soutient ; à le voir,‖ on dirait à coup sûrUne pierre de plus‖ dans les pierres gothiquesQu'agitent les falots‖ en spectres fantastiques.Il attend. — Pour Étur,‖ tantôt d'un pied hardi,Comme un jeune jaguar,‖ en criant il bondit ;Tantôt calme à loisir,‖ il le touche et le raille,Comme pour l'exciter‖ à quitter la muraille.
Le manège fut long.‖ Pour plus d'un coup perdu,Plus d'un bien adressé‖ fut aussi bien rendu,Et déjà leurs cuissards,‖ où dégouttaient des larmes,Laissaient voir clairement‖ qu'ils saignaient sous leurs armes.Don Paez le premier,‖ parmi tous ces débats,Voyant qu'à ce métier‖ ils n'en finissaient pas :« A toi, dit-il, mon brave !‖ et que Dieu te pardonne ! »Le coup fut mal porté,‖ mais la botte était bonne ;Car c'était une botte‖ à lui rompre du coup,S'il l'avait attrapé,‖ la tête avec le cou.Étur l'évita donc,‖ non sans peine, et l'épéeSe brisa sur le sol,‖ dans son effort trompée.Alors, chacun saisit‖ au corps son ennemi,Comme après un voyage‖ on embrasse un ami.— Heur et malheur ! On vit‖ ces deux hommes s'étreindreSi fort que l'un et l'autre‖ ils faillirent s'éteindre,Et qu'à peine leur cœur‖ eut pour un battementCe qu'il fallait de place‖ en cet embrassement.— Effroyable baiser !‖ — où nul n'avait d'envieQue de vivre assez long‖ pour prendre une autre vie ;Où chacun, en mourant,‖ regardait l'autre, et si,En le faisant râler,‖ il râlait bien aussi ;Où, pour trouver au cœur‖ les routes les plus sûresLes mains avaient du fer,‖ les bouches des morsures.— Effroyable baiser !‖ — Le plus jeune en mourut.Il blêmit tout à coup‖ comme un mort, et l'on crut,Quand on voulut après‖ le tirer à la porte,Qu'on ne pourrait jamais,‖ tant l'étreinte était forte,Des bras de l'homicide‖ ôter le trépassé.— C'est ainsi que mourut‖ Étur de Guadassé.
Amour, fléau du monde,‖ exécrable folie,Toi qu'un lien si frêle‖ à la volupté lie,Quand par tant d'autres nœuds‖ tu tiens à la douleur,Si jamais, par les yeux‖ d'une femme sans cœur,Tu peux m'entrer au ventre‖ et m'empoisonner l'âme,Ainsi que d'une plaie‖ on arrache une lame,Plutôt que comme un lâche‖ on me voie en souffrir,Je t'en arracherai,‖ quand j'en devrais mourir.
III
Connaîtriez-vous point,‖ frère, dans une rueDéserte, une maison‖ sans porte, à moitié nue,Près des barrières, triste ;‖ — on n'y voit jamais rien,Sinon un pauvre enfant‖ fouettant un maigre chien ;Des lucarnes sans vitre,‖ et par le vent cognées,Qui pendent, comme font‖ des toiles d'araignées ;Des pignons délabrés,‖ où glisse par momentUn lézard au soleil ;‖ — d'ailleurs, nul mouvement.Ainsi qu'on voit souvent ;‖ sur le bord des marnières,S'accroupir vers le soir‖ de vieilles filandières,Qui, d'une main calleuse‖ agitant leur coton,Faibles, sur leur genou‖ laissent choir leur menton ;De même l'on dirait‖ que, par l'âge lassée,Cette pauvre maison,‖ honteuse et fracassée,S'est accroupie un soir‖ au bord de ce chemin.C'est là que don Paez,‖ le lendemain matin,Se rendait. — Il monta‖ les marches inégales,Dont la mousse et le temps‖ avaient rompu les dalles.— Dans une chambre basse,‖ après qu'il fut entré,Il regarda d'abord‖ d'un air mal assuré.Point de lit au dedans.‖ — Une fumée étrangeSeule dans ce taudis‖ atteste qu'on y mange.Ici, deux grands bahuts,‖ des tabourets boiteux,Cassant à tout propos‖ quand on s'assoit sur eux ;— Des pots ; — mille haillons ;‖ — et sur la cheminée,Où chantent les grillons‖ la nuit et la journée,Quatre méchants portraits‖ pendus, représentantDes faces qui feraient‖ fuir en enfer Satan.« Femme, dit don Paez,‖ es-tu là ? » Sur la portePendait un vieux tapis‖ de laine rousse, en sorteQue le jour en tout point‖ trouait le canevas ;Pour l'écarter du mur,‖ Paez leva le bras.
« Entre », répond alors‖ une voix éraillée.Sur un mauvais grabat,‖ de lambeaux habillée,Une femme, pieds nus,‖ découverte à moitié,Gisait. — C'était horreur‖ de la voir, — et pitié.Peut-être qu'à vingt ans‖ elle avait été belle ;Mais un précoce automne‖ avait passé sur elle ;Et noire comme elle est,‖ on dirait à son teint,Que sur son front hâlé‖ ses cheveux ont déteint.A dire vrai, c'était‖ une fille de joie.Vous l'eussiez vue un temps‖ en basquine de soie,Et l'on se retournait‖ quand, avec son grelot,La Belisa passait‖ sur sa mule au galop.C'étaient des boléros,‖ des fleurs, des mascarades.La misère aujourd'hui‖ l'a prise. — Les alcades,Connaissant, le taudis‖ pour triste et mal hanté,La laissent sous son toit‖ mourir par charité.Là, depuis quelques ans,‖ elle traîne une vieQue soutient à grand'peine‖ une sale industrie :Elle passe à Madrid‖ pour sorcière, et les gensDu peuple vont la voir‖ à l'insu des sergents.
Don Paez, cependant,‖ hésitant à sa vue,Elle lui tend les bras,‖ et sur sa gorge nue,Qui se levait encor‖ pour un embrassement,Elle veut l’attirer.
DON PAEZ
Quatre mots seulement,Vieille. — Me connais-tu ?‖ Prends cette bourse, et songeQue je ne veux de toi‖ ni conte ni mensonge.
BELISA
De l'or, beau cavalier ?‖ Je sais ce que tu veux ;Quelque fille de France,‖ avec de beaux cheveuxBien blonds ! — J’en connais une.
DON PAEZ
Elle perdrait sa peine ;Je n'ai plus maintenant‖ d'amour que pour ma haine.
BELISA
Ta haine ? Ah ! je comprends.‖ — C'est quelque trahison ;Ta belle t'a fait faute,‖ et tu veux du poison.
DON PAEZ
Du poison, j'en voulais‖ d'abord. — Mais la blessureD'un poignard est, je crois,‖ plus profonde et plus sûre.
BELISA
Mon fils, ta main est faible‖ encor ; — tu manquerasTon coup, et mon poison‖ ne le manquera pas.Regarde comme il est‖ vermeil ; il donne envieD'y goûter ; — on dirait‖ que c'est de l'eau-de-vie.
DON PAEZ
Non. — Je ne voudrais pas,‖ vois-tu, la voir mourirEmpoisonnée ; — on a‖ trop longtemps à souffrir.Il faudrait rester là‖ deux heures, et peut-êtreL'achever. — Ton poison,‖ c'est une arme de traître ;C'est un chat qui mutile‖ et qui tue à plaisirUn misérable rat‖ dont il a le loisir.Et puis cet attirail,‖ cette mort si cruelle,Ces sanglots, ces hoquets.‖ — Non, non ; elle est trop belle !Elle mourra d’un coup.
BELISA
DON PAEZ
Écoute. — A-t-on raison‖ de croire à la vertuDes philtres ? — Dis-moi vrai.
BELISA
Vois-tu sur cette plancheCe flacon de couleur‖ brune, où trempe une branche ?Approches-en ta lèvre,‖ et tu sauras aprèsSi les discours qu'on tient‖ sur les philtres sont vrais.
DON PAEZ
Donne. — Je vais t'ouvrir‖ ici toute mon âme :Après tout, vois-tu bien,‖ je l'aime, cette femme.Un cep, depuis cinq ans‖ planté dans un rocher,Tient encore assez ferme‖ à qui veut l'arracher.C'est ainsi, Belisa,‖ qu'au cœur de ma penséeTient et résiste encor‖ cette amour insensée.Quoi qu'il en soit, il faut‖ que je frappe. — Et j'ai peurDe trembler devant elle.
BELISA
DON PAEZ
Elle mourra, sorcière, en m’embrassant.
BELISA
Écoute.Es-tu bien sûr de toi ?‖ Sais-tu ce qu'il en coûtePour boire ce breuvage ?
DON PAEZ
BELISA
Tu serasTout d'abord comme pris‖ de vin. — Tu sentirasTous tes esprits flottants,‖ comme une langueur sourdeJusqu'au fond de tes os,‖ et ta tête si lourdeQue tu la croirais prête‖ à choir à chaque pas. —Tes yeux se lasseront,‖ — et tu t'endormiras : —Mais d'un sommeil de plomb,‖ sans mouvement, sans rêve.C'est pendant ce moment‖ que le charme s'achève.Dès qu'il aura cessé,‖ mon fils, quand tu seraisPlus cassé qu'un vieillard,‖ ou que dans les forêtsSont ces vieux sapins morts‖ qu'en marchant le pied brise,Et que par les fossés‖ s'en va poussant la bise,Tu sentiras ton cœur‖ bondir de volupté,Et les anges du ciel‖ marcher à ton côté !
DON PAEZ
Et souffre-t-on beaucoup‖ pour en mourir ensuite ?
BELISA
DON PAEZ
Donne-moi ce flacon. — Meurt-on vite ?
BELISA
DON PAEZ
Adieu, ma mère !Le flaconVide, il le reposa‖ sur le bord du balcon. —Puis tout à coup, stupide,‖ il tomba sur la dalle,Comme un soldat blessé‖ que renverse une balle.« Viens, dit la Belisa‖ l'attirant, viens dormirDans mes bras, et demain‖ tu viendras y mourir. »
IV
Comme elle est belle au soir,‖ aux rayons de la lune,Peignant sur son col blanc‖ sa chevelure brune !Sous la tresse d'ébène‖ on dirait, à la voir,Une jeune guerrière‖ avec un casque noir !Son voile déroulé‖ plie et s'affaisse à terre.Comme elle est belle et noble !‖ et comme, avec mystère,L'attente du plaisir‖ et le moment venuFont sous son collier d'or‖ frissonner son sein nu !Elle écoute. — Déjà,‖ dressant mille fantômes,La nuit comme un serpent‖ se roule autour des dômes ;Madrid, de ses mulets‖ écoutant les grelots,Sur son fleuve endormi‖ promène ses falots.— On croirait que, féconde‖ en rumeurs étouffées,La ville s'est changée‖ en un palais de fées,Et que tous ces granits‖ dentelant les clochersSont aux cimes des toits‖ des follets accrochés.La señora, pourtant,‖ contre sa jalousie,Collant son front rêveur‖ à sa vitre noircie,Tressaille chaque fois‖ que l'écho d'un pilierRépète derrière elle‖ un pas dans l'escalier.— Oh ! comme à cet instant‖ bondit un cœur de femme !Quand l'unique pensée‖ où s'abîme son âmeFuit et grandit sans cesse,‖ et devant son désirRecule comme une onde,‖ impossible à saisir !Alors, le souvenir‖ excitant l'espérance,L'attente d'être heureux‖ devient une souffrance ;Et l'œil ne sonde plus‖ qu'un gouffre éblouissant,Pareil à ceux qu'en songe‖ Alighieri descend.Silence ! — Voyez-vous,‖ le long de cette rampe,Jusqu'au faîte en grimpant‖ tournoyer une lampe ?On s'arrête ; — on l'éteint.‖ — Un pas précipitéRetentit sur la dalle,‖ et vient de ce côté.— Ouvre la porte, Inès,‖ et vois-tu pas, de grâce,Au bas de la poterne‖ un manteau gris qui passe ?Vois-tu sous le portail‖ marcher un homme armé ?C'est lui, c'est don Paez !‖ — Salut, mon bien-aimé !
DON PAEZ
Salut — que le Seigneur‖ vous tienne sous son aide !
JUANA
Êtes-vous donc si las,‖ Paez, ou suis-je laide,Que vous ne venez pas‖ m'embrasser aujourd'hui ?
DON PAEZ
J'ai bu de l'eau-de-vie‖ à dîner, je ne puis.
JUANA
Qu'avez-vous, mon amour ?‖ pourquoi fermer la porteAu verrou ? don Paez‖ a-t-il peur que je sorte ?
DON PAEZ
C'est plus aisé d'entrer‖ que de sortir d'ici.
JUANA
Vous êtes pâle, ô ciel !‖ Pourquoi sourire ainsi ?
DON PAEZ
Tout à l'heure, en venant,‖ je songeais qu'une femmeQui trahit son amour,‖ Juana, doit avoir l'âmeFaite de ce métal‖ faux dont sont fabriquésLa mauvaise monnaie‖ et les écus marqués.
JUANA
Vous avez fait un rêve‖ aujourd'hui, je suppose ?
DON PAEZ
Un rêve singulier.‖ — Donc, pour suivre la chose,Cette femme-là doit,‖ disais-je, assurément,Quelquefois se méprendre‖ et se tromper d'amant.
JUANA
M'oubliez-vous, Paez,‖ et l'endroit où nous sommes ?
DON PAEZ
C'est un péché mortel,‖ Juana, d'aimer deux hommes.
JUANA
Hélas ! rappelez-vous‖ que vous parlez à moi.
DON PAEZ
Oui, je me le rappelle ;‖ oui, par la sainte foi,Comtesse !
JUANA
Dieu ! vrai Dieu ! quelle folie étrangeVous a frappé l'esprit,‖ mon bien-aimé ! mon ange !C'est moi, c'est ta Juana.‖ — Tu ne le connais pas,Ce nom qu'hier encor‖ tu disais dans mes bras ?Et nos serments, Paez,‖ nos amours infinies !Nos nuits, nos belles nuits !‖ nos belles insomnies !Et nos larmes, nos cris‖ dans nos fureurs perdus !Ah ! mille fois malheur,‖ il ne s'en souvient plus !
Et comme elle parlait‖ ainsi, sa main ardenteDu jeune homme au hasard‖ saisit la main pendante.Vous l'eussiez vu soudain‖ pâlir et reculer,Comme un enfant transi‖ qui vient de se brûler.« Juana, murmura-t-il,‖ tu l'as voulu ! » Sa boucheN'en put dire plus long,‖ car déjà sur la coucheIls se tordaient tous deux,‖ et sous les baisers nusSe brisaient les sanglots‖ du fond du cœur venus.Oh ! comme, ensevelis‖ dans leur amour profonde,Ils oubliaient le jour,‖ et la vie, et le monde !C'est ainsi qu'un nocher,‖ sur les flots écumeux,Prend l'oubli de la terre‖ à regarder les cieux !Mais, silence ! écoutez.‖ — Sur leur sein qui se froisse,Pourquoi ce sombre éclair,‖ avec ces cris d'angoisse ?Tout se tait. — Qui les trouble,‖ ou qui les a surpris ?— Pourquoi donc cet éclair,‖ et pourquoi donc ces cris ?— Qui le saura jamais ?‖ — Sous une nue obscureLa lune a dérobé‖ sa clarté faible et pure. —Nul flambeau, nul témoin‖ que la profonde nuitQui ne raconte pas‖ les secrets qu'on lui dit.Qui le saura ? — Pour moi,‖ j'estime qu'une tombeEst un asile sûr‖ où l'espérance tombe,Où pour l'éternité‖ l'on croise les deux bras,Et dont les endormis‖ ne se réveillent pas.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 250((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a bégueules / seules féminine, classiqueb quartier / muletier masculine, classiquec lèvre / fièvre féminine, classiqued serpent / pend masculine, classiquee vie / envie féminine, classiquef Mais / promets masculine, classiqueg celles / nouvelles féminine, classiqueh rendez-vous / doux masculine, classiquei ploie / soie féminine, classiquej mignons / champignons masculine, classiquek enragées / dragées féminine, classiquel malheur / cœur masculine, classiquem statuaire / pierre féminine, classiquen vaudrait / forêt masculine, classiqueo exemple / ample féminine, classiquep histoire / été masculine, classiqueq jalousie / cramoisie féminine, classiquer follet / volet masculine, classiques tigrée / éclairée féminine, classiquet lambris / débris masculine, classiqueu mandore / encore féminine, classiquev frémit / endormi masculine, non classiquew molle / espagnole féminine, classiquex changeant / d'argent masculine, classiquey chambre / d'ambre féminine, classiquez pu / nu masculine, classiquea d'Espagne / campagne féminine, classiqueb essayé / pied masculine, non classiquec prendre / surprendre féminine, classiqued parler / égaler masculine, classiquee petitesse / comtesse féminine, classiquea tremblant / galant masculine, classiqueb elle / belle féminine, classiquec cheveux / feux masculine, classiqued arides / vides féminine, classiquee qu'éteint / certain masculine, non classiquef caresse / maîtresse féminine, classiqueg l'apaiser / baiser masculine, classiqueh sombre / l'ombre féminine, classiquei lentement / moment masculine, classiquej épée / trempée féminine, classiquek bonsoir / voir masculine, classiquel amoureuse / heureuse féminine, classiquem sitôt / château masculine, non classiquen guérite / vite féminine, classiqueo lié / pied masculine, non classiquep rose / close féminine, classiqueq cavalier / pilier masculine, classiquer fée / coiffée féminine, classiques cœur / boudeur masculine, classiquet promenade / malade féminine, classiqueu jument / moment masculine, classiquev querelle / belle féminine, classiquew jour / amour masculine, classiquex blonde / profonde féminine, classiquey bruit / nuit masculine, classiquez force / écorce féminine, classiquea chemin / main masculine, classiquea arsenaux / créneaux masculine, classiqueb cigare / fanfare féminine, classiquec effrayant / criant masculine, classiqued guerre / terre féminine, classiquee d'amours / discours masculine, classiquef boire / histoire féminine, classiqueg accoudé / dé masculine, classiqueh moustache / panache féminine, classiquei retroussant / croissant masculine, classiquej grise / d'église féminine, classiquek coin / poing masculine, non classiquel injures / gageures féminine, classiquem roi / Moi masculine, classiquen traître / reconnaître féminine, classiqueo pays / Cadix masculine, classiquep Séville / ville féminine, classiquea haro / carreau masculine, classiqueb fortune / quelqu'une féminine, classiquec yeux / cheveux masculine, classiqued parole / folle féminine, classiquee voir / noir masculine, classiquea rousse / douce féminine, classiqueb jusqu'ici / sourcil masculine, non classiquec brune / une féminine, classiqued loin / foin masculine, classiquee belle / est-elle féminine, classiquef l'Orvado / San-Bernardo masculine, classiquea fièvre / lèvre féminine, classiqueb imprudents / dents masculine, classiquec maître / connaître féminine, classiqued ici / aussi masculine, classiquee d'écurie / prie féminine, classiquef bien / chien masculine, classiqueg fasse / face féminine, classiqueh douleur / pâleur masculine, classiquei sérénades / cruzades féminine, classiquej mentir / sentir masculine, classiquek bouche féminine, classiquel renfoncer / passer masculine, classiquem d'arrogance / confiance féminine, classiquen Justement / nuit / matin / sûrement masculine, classiqueo trace / face féminine, classiquep inconnu / nu masculine, classiqueb noire / d'ivoire féminine, classiquec prompt / don masculine, non classiqued haine / l'arène féminine, classiquee lieu / Dieu masculine, classiquef femme / âme féminine, classiqueg foi / toi masculine, classiqueh maîtresse / messe féminine, classiquei poignard / l'écart masculine, classiquej l'âme / femme féminine, classiquek assez / faussés masculine, classiquel meure / heure féminine, classiquem demain / main masculine, classiquen comme / homme féminine, classiqueo avant / vent masculine, classiquea fauchées / desséchées féminine, classiqueb dent / cependant masculine, classiquec s'attendent / tendent féminine, classiqued regards / remparts masculine, classiquee rapide / homicide féminine, classiquef incertains / destins masculine, classiqueg hâtive / rive féminine, classiqueh riposter / s'exciter masculine, classiquei ferme / s'enferme féminine, classiquej mur / sûr masculine, classiquek gothiques / fantastiques féminine, classiquel hardi / bondit masculine, non classiquem raille / muraille féminine, classiquea perdu / rendu masculine, classiqueb larmes / armes féminine, classiquec débats / pas masculine, classiqued pardonne / bonne féminine, classiquee coup / cou masculine, non classiquef l'épée / trompée féminine, classiqueg ennemi / ami masculine, classiqueh s'étreindre / s'éteindre féminine, classiquei battement / embrassement masculine, classiquej d'envie / vie féminine, classiquek si / aussi masculine, classiquel sûres / morsures féminine, classiquem mourut / crut masculine, classiquen porte / forte féminine, classiqueo trépassé / Guadassé masculine, classiquea folie / lie féminine, classiqueb douleur / cœur masculine, classiquec l'âme / lame féminine, classiqued souffrir / mourir masculine, classiquea rue / nue féminine, classiqueb rien / chien masculine, classiquec cognées / d'araignées féminine, classiqued moment / mouvement masculine, classiquee marnières / filandières féminine, classiquef coton / menton masculine, classiqueg lassée / fracassée féminine, classiqueh chemin / matin masculine, classiquei inégales / dalles féminine, classiquej entré / assuré masculine, classiquek étrange / mange féminine, classiquel boiteux / eux masculine, classiquem cheminée / journée féminine, classiquen représentant / Satan masculine, non classiqueo porte / sorte féminine, classiquep canevas / bras masculine, classiquea éraillée / habillée féminine, classiqueb moitié / pitié masculine, classiquec belle / elle féminine, classiqued teint / déteint masculine, classiquee joie / soie féminine, classiquef grelot / galop masculine, non classiqueg mascarades / alcades féminine, classiqueh hanté / charité masculine, classiquei vie / industrie féminine, classiquej gens / sergents masculine, classiquea vue / nue féminine, classiqueb embrassement / l’attirer / seulement masculine, classiqueb songe / mensonge féminine, classiquea veux / cheveux masculine, classiquea une / peine / haine féminine, classiquea trahison / poison masculine, classiquea blessure / sûre féminine, classiquea manqueras / pas masculine, classiqueb envie / l'eau-de-vie féminine, classiquea mourir / souffrir masculine, classiqueb peut-être / traître féminine, classiquec plaisir / loisir masculine, classiqued cruelle / belle féminine, classiquea coup / tu / vertu masculine, classiquea vrai / planche / branche féminine, classiqueb après / vrais masculine, classiquea âme / femme féminine, classiqueb rocher / l'arracher masculine, classiquec pensée / insensée féminine, classiqued peur / elle / cœur masculine, classiquea m’embrassant / Écoute / coûte féminine, classiquea breuvage / on / seras / sentiras masculine, classiqueb sourde / lourde féminine, classiquec pas / t'endormiras masculine, classiqued rêve / s'achève féminine, classiquee serais / forêts masculine, classiquef brise / bise féminine, classiqueg volupté / côté masculine, classiquea ensuite / fils / vite féminine, classiquea Lentement / mère / flacon / balcon masculine, classiqueb dalle / balle féminine, classiquec dormir / mourir masculine, classiquea lune / brune féminine, classiquec terre / mystère féminine, classiqued venu / nu masculine, classiquee fantômes / dômes féminine, classiquef grelots / falots masculine, classiqueg étouffées / fées féminine, classiqueh clochers / accrochés masculine, classiquei jalousie / noircie féminine, classiquej pilier / l'escalier masculine, classiquel désir / saisir masculine, classiquem l'espérance / souffrance féminine, classiquen éblouissant / descend masculine, classiqueo rampe / lampe féminine, classiquep précipité / côté masculine, classiqueq grâce / passe féminine, classiquer armé / bien-aimé masculine, classiquea aide / laide féminine, classiqueb aujourd'hui / puis masculine, non classiquea d'ici / ainsi masculine, classiquea femme / l'âme féminine, classiqueb fabriqués / marqués masculine, classiquea suppose / chose féminine, classiqueb assurément / d'amant masculine, classiquea sommes / hommes féminine, classiquea moi / foi masculine, classiquea Comtesse / étrange / ange féminine, classiqueb pas / bras masculine, classiquec infinies / insomnies féminine, classiqued perdus / plus masculine, classiquea ardente / pendante féminine, classiqueb reculer / brûler masculine, classiquec bouche / couche féminine, classiqued nus / venus masculine, classiquee profonde / monde féminine, classiquef écumeux / cieux masculine, classiqueg froisse / d'angoisse féminine, classiqueh surpris / cris masculine, classiquei obscure / pure féminine, classiquej nuit / dit masculine, classiquek tombe féminine, classiquel bras / pas masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.3
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
515 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premières poésies, Paris, Texte établi par Maurice Allem, Paris, Garnier Frères, 1967, publié par les éditions Classiques Garnier, 1967· numérisation Enclitt· Sources