Petits châteaux de Bohême, 1853· Premier château· Odelettes
Gaieté
Petit piqueton de Mareuil,Plus clairet qu’un vin d’Argenteuil,Que ta saveur est souveraine !Les Romains ne t’ont pas comprisLorsqu’habitant l’ancien ParisIls te préféraient le Surêne.
Ta liqueur rose, ô joli vin !Semble faite du sang divinDe quelque nymphe bocagère ;Tu perles au bord désiréD’un verre a côtes, coloréPar les teintes de la fougère.
Tu me guéris pendant l’étéDe la soif qu’un vin plus vantéM’avait laissé depuis la veille ;Ton goût suret, mais doux aussi,Happant mon palais épaissi,Me rafraîchit quand je m’éveille.
Eh quoi ! si gai dès le matin,Je foule d’un pied incertainLe sentier où verdit ton pampre !… –Et je n’ai pas de RicheletPour finir ce docte couplet…Et trouver une rime en ampre.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits châteaux de Bohême, Paris, E. Didier, 1853· numérisation gallica.fr· Sources