Poèmes de l’Amour, 1924
XII. « J’ai souffert, lutté ; — bien souvent »
J’ai souffert, lutté ; — bien souvent,Par un élan fourbe et secret,Je faisais un pas en avant,Croyant que je t’esquiverais !
J’ai serré, j’ai broyé mon cœur,Et, comme dit François Villon,« Sué Dieu sait quelle sueur ! »Mais au bout de ce temps si long
Je suis sur le même cheminQue j’avais cru fuir bravement,Et sournoise, et plus fortement,Je cherche tes yeux et ta main ;
Je vois que j’ai tout employé,La peur, la réprobation,Le courage ferme ou ployé,À détruire ma passion ;
Et me voici, l’esprit têtuHélas ! et mieux fait pour souffrir !
— Le corps qui s’est trop débattuN’a plus la force de mourir…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 4[abab] 1[abba]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a souvent / avant masculine, classiqueb secret / t’esquiverais masculine, non classiquea cœur / sueur masculine, classiqueb Villon / long masculine, non classiquea chemin / main masculine, classiqueb bravement / fortement masculine, classiquea employé / ployé masculine, classiqueb réprobation / passion masculine, classiquea têtu / débattu masculine, classiqueb souffrir / mourir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 1.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources