Poèmes de l’Amour, 1924
CLXXII. « Lorsque tu ne seras, dans quelque humble retraite »
Lorsque tu ne seras,‖ dans quelque humble retraite,Qu’un homme vieux et fatigué ;Lorsque sera terni‖ le charme que te prêteTon beau sourire triste et gai ;
Quand ton œil studieux‖ dont la langueur observe,Et même semble discuter,N’aura plus sa rêveuse‖ et vigilante verve,Et son bleu calice éclaté,
Quand nul ne fera plus‖ tinter à ton oreilleL’éloge que tu réclamais,Songe, ô futur cadavre,‖ éphémère merveille,Avec quel excès je t’aimais !
Rappelle à ton orgueil,‖ s’il souffre et s’inquiète,Que c’est moi-même, et non pas toi,Qui voulus, rapprochant‖ sournoisement nos têtes,Ce baiser tendre, humide et droit,
Cet unique baiser‖ qui met en équilibreDeux visages encore errants,Et qui ne m’a jamais‖ plus permis d’être libre,En mon cœur vivace et mourant…
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (10 de 8, 10 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a retraite / prête féminine, classiqueb fatigué / discuter masculine, non classiquec gai / éclaté masculine, non classiquea observe / verve féminine, équivalentea oreille / merveille féminine, classiqueb réclamais / t’aimais masculine, classiquea s’inquiète / têtes féminine, classiqueb toi / droit masculine, non classiquea équilibre / libre féminine, non classiqueb errants / mourant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 2.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources