Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
Prométhée
Que le soleil soit de retour,Ou que l’ombre du soir s’allonge,Jamais l’espoir, même en un songe,Ne vient égayer mon séjour.
Je devrais pleurer tout le jour,Car dans mon âme qu’elle ronge,Une implacable angoisse plongeSa serre et son bec de vautour.
O toi que Prométhée implore,Hercule, tends ton arc sonore :Abats à mes pieds le Malheur ;
Ou, s’il est hors de ton atteinte,Vise à mon sein, frappe sans crainte :Mieux vaut la mort que la douleur.
Paris, avril 1838.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources