Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
En chasse !
— « Ici, muse ! Il me faut aujourd’hui quelques vers. »J’ai dit. Obéissante, elle s’est élancéeEt, fouillant sans repos les champs de la pensée,Court à travers les bois, les landes, les blés verts.
Voilà qu’elle s’enfonce en des sentiers couverts,Mais sa voix retentit. Une proie est lancée !— « Va, muse ! ton ardeur sera récompenséeEt tu partageras tous mes plaisirs divers. »
Eh quoi ! plus de bruit ?. Rien ! Quel supplice d’attendre !Ah ! la voici !. pourtant ! ! ! Impuissante à rien prendre,La pauvrette se traîne, humble et des pleurs aux yeux.
Tels, après une longue et fatigante chasse,Les chiens auxquels le cerf a dérobé sa trace,Reviennent lentement, haletants et honteux.
Paris, avril 1838.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources