Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
La charité
Sœur des anges du ciel et reine des vertus,Vierge toute d’amour, belle entre les plus belles,O sainte Charité, fille du doux Jésus,Qui caches ton beau front tout honteux sous tes ailes ;
Il vaut mieux t’envoler : les hommes corrompusT’abreuvent chaque jour d’insultes trop cruelles ;Ils blasphèment ton nom qu’ils ne comprennent plus,Et l’égoïsme seul les trouve encor fidèles.
Pars donc ; mais, je t’en prie, en fuyant de ces lieux,Ne prends pas pour toujours ta place dans les cieux ;Aurore du Seigneur, reviens comme l’aurore.
Les hommes repentants reconnaîtront enfinQue leur dieu, l’égoïsme, est un dieu faux et vain,Et tu verras vers toi leurs mains se tendre encore.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources