Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Prière
Pitié ! pitié ! Seigneur, car je vogue dans l’ombre ;Je ne sais où je vais, à tout vent ballotté :Je tremble, à chaque flot qui déferle, irrité,Que mon esquif surpris ne tournoie et ne sombre.
Voilà déjà longtemps qu’ainsi la nuit est sombre ;Ne me rendrez-vous pas à la fin la clarté ?Au moins, pour me guider dans cette obscurité,Qu’au ciel s’allume un seul de vos phares sans nombre.
Contre les hommes forts, contre les grands vaisseaux,Déchaînez la colère et des vents et des eaux :Leur puissance saura lutter contre l’orage.
Mais écartez de moi la tempête, ô mon Dieu !Pour que ma faible nef puisse atteindre au rivage,Il faut une mer calme, un vent tiède, un ciel bleu.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources