Chant du soir, 1917
A Monsieur Alphonse Lusignan
(A propos d’un diplôme de la Société Royale qui tardait à venir)
UN jour, s’il m’en souvient, vous parliez d’un diplôme,D’un diplôme d’honneur. Est-ce un mythe, un fantôme ?Est-ce un sylphe qu’emporte un caprice du vent ?(Cette brise chez nous ne souffle pas souvent !)Un diplôme d’honneur ! Pardon si je m’informeEn rustique ignorant. Dites-m’en donc la forme !Est-ce ovale ou rectangle ? Est-ce rond ou carré ?Est-ce en bois ? Est-ce en marbre ? Est-ce en bronze doréA la main qui le touche est-ce doux ? Est-ce rude ?Et peut-on le montrer sans blesser une prude,Enflammer un notaire ? Est-ce bleu, rouge ou noir ?Ça peut-il se palper et ça peut-il se voir ?Est-ce court ? Est-ce long ? Tendre ou bien coriace ?Est-ce léger ? pesant ? Pour qu’on le déplaceFaut-il un grand effort ? C est-il beau ? C est-il laid ?O vous qui l’avez vu, répondez, s’il vous plaît !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chant du soir, Arthabaska, Impr. de l’Union, 1917· numérisation archive.org· Sources