Chant du soir, 1917
Bios in Panti
MÊME regret rassemble autour de cette bièreTous ceux-là qu’il aimait et ceux qui l’ont aimé.L’irrésistible élan d’une même prière,Montant vers le ciel bleu, Dieu sourit, désarmé.
La mort qui l’a frappé nous attend à son heure.Nos fronts se coucheront sous son souffle glacé,Car dans le Temps hâtif tout fuit, rien ne demeure,Et nous passerons tous ainsi qu’il a passé.
Mais quand l’homme a fermé les yeux à la lumièreIl retrouve la vie au-delà du trépasEt si durant le Temps il redevient poussièreFait pour l’Éternité, l’homme entier ne meurt pas.
L’espoir d’une autre vie immortelle et sereineIllumine la nuit si noire du tombeau.O poète vers qui le souvenir m’entraîne,Par-delà je te vois plus heureux et plus beau.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chant du soir, Arthabaska, Impr. de l’Union, 1917· numérisation archive.org· Sources