Chant du soir, 1917
Chant de la glèbe
NOUS sommes les gais travailleurs,Les plus heureux de tous les hommes,Et grâce à Dieu, c’est nous qui sommesDes affamés les pourvoyeurs.De nos mains rudes et calleuses,Sol béni, nous te pétrissonsPour que de superbes moissonsLancent leurs tiges merveilleuses
Collaborateurs du Bon Dieu,Plus près de lui que dans le cloître,Nous semons, c’est lui qui fait croîtreL’épi d’or sous le grand ciel bleu.Puisque du sol il nous fit naître,Fils de Bretons et de Normands,Gardons, fidèles aux serments.La langue et la foi des ancêtres.
A nous le sol que nous foulons,Ses gais coteaux, ses vastes plainesDe grasses moissons toutes pleines,A nous les bois et les vallons ;Et s’il a produit des merveillesC’est qu’il est à nous par le sangPar les sueurs et par les veillesD’un peuple à Dieu reconnaissant.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chant du soir, Arthabaska, Impr. de l’Union, 1917· numérisation archive.org· Sources