Chant du soir, 1917
L’automne
J’AIME à voir courir vers l’automneDe blancs nuages au ciel bleu,A suivre leur cours monotonePoussé par le souffle de Dieu.Dans cette nuée aux tons rosesA l’heure du soleil couchantJe vois les plus étranges choses ;Je lis un poème attachant.
Ils vont. La brise les emporteRapide à l’horizon lointainJetant un peu d’ombre à ma portePar un soleil napolitain.Quand tombe le soir sur la plaineJe ne vois qu’une frange d’orFlottant comme un flocon de laineAutour du soleil qui s’endort.
Or ce beau nuage qui passe,La brise le ramènera,Mais la jeunesse qui s’effaceJamais plus ne me sourira.Vainement mes regrets futilesÉvoqueront tous ces beaux jours.Heureux si des œuvres utilesEn avaient pu marquer le cours !
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chant du soir, Arthabaska, Impr. de l’Union, 1917· numérisation archive.org· Sources