Chant du soir, 1917
Le Sou de la Pensée française
I
AU vol léger de la chansonQu’un peuple chante à l’unisson,Nouvelle et douce Marseillaise,Toi qui seras piastre demain,Allègrement va ton chemin,O sou de la pensée française.
Aide à nos frères de là-basA poursuivre les bons combats,Dis-leur qu’avant rail huit cent seizeSur les rives du St-Laurent,En luttant, priant et souffrantOn sut forger l’âme française.
Si sans aide nous avons pu,D’un travail ininterrompuConserver pure notre race,Qu’ils soient fermes et comme nous,Sans jamais ployer les genoux,Qu’ils voient l’ennemi face à face.
II
Depuis deux ans qu’as-tu donc fait,O sou de la Pensée française ?A ton devoir, as-tu forfaitEt que penser de ta genèse ?Personne ne parle de toiQui devais faire des merveillesEt je cherche quel est le toitOù tu pus abréger les veilles.
As-tu chez nos frères là-basOuvert de nombreuses écolesEt sans causer de branle-basParmi les classes agricoles ?Dis donc, as-tu fait ton chemin,Sans nul affront, le cœur à l’aiseEt de l’argent tout plein la main.O sou de la Pensée Française ?
III
O sou de la Pensée Française,A l’appel tu ne réponds pas.Depuis déjà mil neuf cent seize,Et nous faut-il sonner tes glas ?Es-tu tombé dans quelque piègeQue les Boches t’auraient tendu,Ou, victime d’un sortilège,A ton retour t’es -tu perdu ?
42 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chant du soir, Arthabaska, Impr. de l’Union, 1917· numérisation archive.org· Sources