Sous les pins, 1902
À monsieur Charles Grandmougin
(Après la lecture d’une de ses poésies.)
Ô poète, j’ai lu ton rêve fantastiqueOù, voyageur étrange, ami des blancs frimas,Et lassé, jeune encor, d’une existence étique,Tu cherches l’air plus pur des plus rudes climats.
J’ai suivi dans son vol ton rêve sympathique,Mais, le cœur attristé, je me disais : Hélas !Que ne vient-il, bravant l’orageux Atlantique,Voir, lui, le frère aîné, les frères de là-bas ?
Dis-moi qui t’attirait vers les champs de Norvège,Quand je sais un pays où plus blanche est la neige,Où le ciel est plus pur et les cœurs plus aimants ?
Où, te pressant la main, une main fraternelleTe prouverait comment dans la France NouvelleOn sait rester fidèle à ses premiers serments !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sous les pins, Montréal, Librairie Beauchemin, 1902· numérisation poesies.net· Sources