Sous les pins, 1902
Myosotis
O pâle fleur du souvenirQu’une main chère m’a donnée,Pourquoi t’es-tu sitôt fanée !Hélas ! ne pouvais-tu tenirJusqu’à la fin de la journée,O pâle fleur du souvenir !
D’un amour qui devait durerAussi longtemps que le cœur même,N’es-tu pas l’éphémère emblème,Et me faut-il déjà pleurerL’image de celle que j’aimeD’un amour qui devait durer !
D’un bonheur pour jamais perduToi seule restes, fleur si tendre ;Car si parfois j’ose descendreDans mon pauvre cœur éperdu,Hélas ! je n’y vois que la cendreD’un bonheur à jamais perdu !
O pâle fleur du souvenirDont le parfum mourant m’enivre,Éphémère, tu vas survivreAu serment que devait tenirCelle pour qui j’ai juré vivre,Ô pâle fleur du souvenir !
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sous les pins, Montréal, Librairie Beauchemin, 1902· numérisation poesies.net· Sources