Sous les pins, 1902
Barcarole
Les fiancées
Que le vent qui bien loin de ces bords vous entraîne,Par delà les flots et les monts,Fidèles aux serments, l’an prochain vous ramène,Beaux matelots que nous aimons.
Que ce chant de marin qu’à la mer monotone,Tristes, vous lancez au départ,Lorsque vous reviendrez chacun de vous l’entonneEn apercevant ce rempart.
Les fiancés
Que cet adieu touchant que ce soir vous nous faitesEt que redit l’écho des monts,Berce le matelot au plus fort des tempêtes,Belles filles que nous aimons.
Que notre souvenir, aux nuits pleines de fièvres,Vienne hanter vos pâles fronts,Et que ces mots d’amour soient encor sur vos lèvresLorsque, plus tard, nous reviendrons.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sous les pins, Montréal, Librairie Beauchemin, 1902· numérisation poesies.net· Sources