Sous les pins, 1902
L’abîme
Promenons-nous ici, mais prends garde à la rive !La pente en est rapide et le gazon glissant,Et du torrent grossi la course convulsiveLance à nos pieds le flot qui passe en bondissant.
L’Abîme est là béant. Le sentier qui le longeEst étroit, et malheur, malheur aux pas distraits !Malheur à l’œil hardi qui dans le vide plonge !Le vertige nous guette et la mort est tout près !
Serre-toi près de moi pour franchir cette cime…Tu trembles ?.. Qu’as-tu donc pour te troubler ainsi ?— C’est que, tu le sais bien, le cœur est un abîme,Et que souvent l’amour a son vertige aussi ! —
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sous les pins, Montréal, Librairie Beauchemin, 1902· numérisation poesies.net· Sources