Sous les pins, 1902
L’harmonie
L’ORGUE
Dieu, jetant un regard sur son œuvre infinieEt la trouvant trop morne, inventa l’harmonie ;Et le monde vibrant sous son souffle puissant,La musique immortelle eut son premier accent.Dans l’espace il sema les rythmes et les nombres :Et l’astre flamboyant et les planètes sombres,Lassés de parcourir l’éther silencieux,Tressaillent à la voix qui leur tombe des cieux.L’écho divin, roulant, atteignit cette terre,Et se développant d’abord avec mystère,Pour interprète il eût le gosier d’un oiseau.Bientôt l’homme jaloux de l’humble virtuose,Sous ses doigts fit chanter la tige d’un roseau ;Puis plus audacieux, voilà déjà qu’il oseCréer ces instruments puissants, mélodieuxQue l’homme primitif croirait l’œuvre des dieux !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sous les pins, Montréal, Librairie Beauchemin, 1902· numérisation poesies.net· Sources