Sous les pins, 1902
Lacrymæ
Sur la tombe chérieOù bien souvent je prieJ’ai planté ce bouquet de fleurs.Quand leurs tiges séchéesVers le sol sont penchées,Je les arrose avec mes pleurs.
Chaque soir je promèneQuelques instants ma peineDans cet endroit silencieuxEt de la froide pierreMon ardente prièreAvec un sanglot monte aux cieux.
Sur cette fraîche tombeUne rosée y tombe ;Saintes larmes de l’amitié,Vous soulagez mon âmeEn épurant ma flammeEt changeant l’amour en pitié.
Dans ce lieu solitaireOù plane le mystère,L’oiseau, triste, ne chante pas.Là, des roses fanées,Image des années,Viennent s’effeuiller sous nos pas !
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sous les pins, Montréal, Librairie Beauchemin, 1902· numérisation poesies.net· Sources