La muse gaillarde, 1876‑1924· La muse gaillarde
À Philis
TON corps est un jardin impérial :Toutes les fleurs s’y donnent rendez-vous,Les roses qu’on rêve et les œillets fous ;C’est Floréal, Germinal, Prairial.
Sur tes seins blancs, voici les lis éclore,J’entends tinter des muguets dans ta bouche,Et dans tes yeux où le faste se coucheS’épanouit une lointaine flore.
Dans ce jardin d’amour tout embauméEt plein du gai tumulte du Printemps,Il est des nids perdus et palpitantsPour les baisers, ces beaux oiseaux de Mai.
Et de tes pieds aux doigts de sucre rose,À tes cheveux qui passent l’hyperbole,Se mariant à mainte fleur mi-closeL’on voit grimper la Grâce, vigne folle.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La muse gaillarde, Paris, ÉDITIONS RIEDER, 1939· numérisation wikisource.org· Sources