La muse gaillarde, 1876‑1924· La muse gaillarde
Dis-moi…
DIS-MOI, je veux que tu me dises,— Malgré leur manque d’intérêt —Ces intarissables bêtisesDont les femmes ont le secret.
Je t’écouterai, chère belle,Dans un recueillement profond :Insiste sur une dentelle,Ne m’épargne pas un chiffon.
Ou, sur tes petites amiesDébite-moi tranquillementTout ce que tu sais d’infamies ;Ça prendra toujours un moment.
Parle-moi d’un ancien ClitandreÀ toi, qui fut sans doute ardent :Que m’importe, c’est pour t’entendre,Et je ne suis pas regardant.
Car, sur mon âme et conscienceSi je t’écoute, ô mon amour,C’est un tantinet aussi pourM’exercer à la patience.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La muse gaillarde, Paris, ÉDITIONS RIEDER, 1939· numérisation wikisource.org· Sources