La muse gaillarde, 1876‑1924· Les belles paroles
Sonnet
LE matin, dès mon œil ouvert,J’ouvre mon huis et je regardeSi par hasard ou par mégardeJe ne vois pas le Printemps vert ?
Mais non. Le même ciel qu’hier,Terne comme un paquet de hardes ;Il vente, il pleut des hallebardes :Merde ! c’est encore l’hiver.
Eh bien ! que le diable m’emporteSi pendant qu’il hurle à ma porteJe ne fais au coin de mon feu,
En dépit de ces jours moroses,Quelques rimes sur le ciel bleu,Sur le Printemps et sur les roses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La muse gaillarde, Paris, ÉDITIONS RIEDER, 1939· numérisation wikisource.org· Sources