La muse vagabonde, 1876‑1924· Cinquième partie A la manière de…
Sonnet a chevreuil
Quand vous serez bien vieux, avec encor des dentsPlein la bouche, et déjà dorloté par l’Histoire,Direz, si ces vers-ci meublent votre mémoire,Un tel me célébrait lorsque j’avais cent ans.
Lors, vous n’aurez aucun de vos petit s-enfantsQui n’ait soif à ce nom et ne demande à boire,Répétant à l’envi votre immortelle gloireEt le nombre fameux de vos jours triomphants.
Pour moi, je serai mort depuis belle luretteMais je refleurirai dans quelque pâquerette :Vous, vous aurez toujours la même horreur du vin.
Ah ! si vous m’en croyez, ô vieillard sobre et digne,Ainsi que tout le monde éteignez-vous demainMais cueillez aujourd’hui les roses de la Vigne.
1886
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La muse vagabonde, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, 1947· Sources