Bonheur manqué, 1889
XVII. « Lorsqu’on est sûr qu’on la verra »
Trouville.
Juin,
Lorsqu’on est sûr qu’on la verra,Le cœur accepte son martyre ;Notre supplice nous attire,Quand nous savons qu’elle viendra.
Nous mettons de la complaisanceÀ provoquer sa cruauté.Ah ! ce n’est rien en véritéQue de souffrir en sa présence.
Le seul chagrin, le vrai malheur,C’est le départ de l’amoureuse.Son voyage est la chose affreuse.Connaissez-vous cette douleur ?
Nous maudissons notre impuissance,Nous voudrions nous délier...Et nous craignons de l’oublier,Quand se prolonge son absence.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bonheur manqué, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1889· numérisation books.google.com· Sources