Bonheur manqué, 1889
V. « Ma chaise est proche de la tienne »
dans l’église de...
Fév.
Ma chaise est proche de la tienne.J’ai corrompu le sacristain,Non pour la messe, ô ma chrétienne,Mais pour ton masque florentin.
Sous les arceaux je t’ai suivie...Oh ! j’ai l’habitude à présent.Malgré ton rire méprisant,Un pauvre diable est dans ta vie.
Je suis placé derrière toi,Nos attitudes sont les mêmes ;On pourrait croire que tu m’aimes,En te voyant si près de moi.
Laisse tomber ton alliance,Et prends ma bague en rougissant :Un bon vieux prêtre ici consentÀ nous bénir sans défiance.
Si je mettais un long baiserDans ton cou blanc qui se dérobe ?Car tu me touches de ta robe,Et ton parfum vient me griser.
Ton corps va bien à ta toilette.Tu t’habilles absolumentComme si j’étais ton amant ;Mais trop épaisse est ta voilette...
Jésus qui saigne étend ses bras,Courbe ton front sous l’homélie ;Et, puisque tu ne m’aimes pas,Demande à Dieu que je t’oublie.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bonheur manqué, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1889· numérisation books.google.com· Sources