Bonheur manqué, 1889
XXXI. « Oh ! sois plus lente à me chérir »
mis dans un vol.
de H. Heine.
Avril,
Oh ! sois plus lente à me chérir.Sois méprisante, sois changeante ;Tu ne sais pas, chère indulgente,Comme je peux longtemps souffrir.
Est-ce bien sûr que je t’adore ?D’amers plaisirs m’ont perverti ;J’ai peur de moi, j’ai tant menti...Il ne faut pas me croire encore.
Faisons grandir mon sentimentSous ta cruelle résistance ;Songeons tous deux à l’importanceDe ton premier consentement.
Et dis à ta robe effrontéeDe mieux cacher tes seins debout :Tu céderas vers le mois d’août,Quand je t’aurai bien méritée.
Si ton bonheur allait périrParce qu’un jour tu fus trop brave ?Hélas ! m’aimer, c’est chose grave.Oh ! sois plus lente à me chérir.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bonheur manqué, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1889· numérisation books.google.com· Sources