Bonheur manqué, 1889
XV. « Quand je t’aurai longtemps serrée entre mes bras »
un jour de fatuité.
Mai,
Quand je t’aurai longtemps serrée entre mes bras,Tu te moqueras bien de ma naissance obscure.De l’extase passée à l’extase future,Le temps te sera long ; je mettrai, tu verras,Des baisers inconnus sur ta bouche endormie.Je ne t’apporte pas, ô ma petite mie,L’honnête amour des cœurs qui n’ont pas été fous.Beaucoup d’hommes n’ont pas le talent des tendresses ;On lisait le bonheur au front de mes maîtresses.Je sais si bien aimer que je fais des jaloux.
10 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bonheur manqué, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1889· numérisation books.google.com· Sources