Pommes d’ève, 1874· L’Attente
2. A Madame M. D
N’accueillez pas toujours nos larmes d’un sourire ;Le poête est sincère à l’heure qu’il écrit.La Muse fait souffrir l’élu qu’elle chérit,Et Musset, mieux que moi, d’ailleurs, a su le dire.
C’est un baiser mortel que son baiser divin ;Le vers ardent qu’on berce avec idolâtrie,Roule comme un charbon dans la tête meurtrie,Et brise pour passer, le front de l’écrivain !
La strophe au cri plaintif, dont votre joie est faite,Avant de déployer son aile an ciel ouvert,Pareille à l’alcyon qui rase le flot vert,La trempe quelquefois dans le sang du poëte !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pommes d’ève, Paris, impr. de J. Claye, 1874· numérisation gallica.bnf.fr· Sources