Pommes d’ève, 1874· Lisbeth
42. A Madame M. D
Pour un mot échappé de ma lèvre en rêvantTon doux front s’est voilé de tristesse soudaine.Il faut me pardonner, mignonne, quand souventMon esprit inquiet te cause quelque peine.
Cela vient d’un besoin d’aimer et d’exécrer ;Je blasphème à genoux ; j’éprouve un bien suprêmeA profaner le dieu que je viens d’adorer,Je mords ce que j’embrasse et je hais ce que j’aime !
8 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pommes d’ève, Paris, impr. de J. Claye, 1874· numérisation gallica.bnf.fr· Sources