Pommes d’ève, 1874· L’Attente
8. Madrigal
A Madame M. D.
A votre sein, fraîche et triste une rose est làQue vous martyrisez de vos doigs. Laissez-la.Mon Dieu, si vous traitiez un homme de la sorte,Comme il est vil et laid, je vous dirais : qu’importe ?Et puis je passerais. Mais c’est une fleur ! c’estQuelque chose de doux, de fragile, et qui plaîtComme vous ! Laissez-la. Parfois autour des roses,Ainsi qu’un papillon, les ailes demi-closes,Je viens rêver, et là loin des yeux importunsMon cœur faute d’amour se grise de parfums ;Car c’est pour enivrer que Dieu créa, MadameLa femme, cette fleur ! et la fleur, cette femme !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pommes d’ève, Paris, impr. de J. Claye, 1874· numérisation gallica.bnf.fr· Sources