Pommes d’ève, 1874· Triomphe
29. « Non, je n’oublierai plus ma main dans votre main »
Non, je n’oublierai plus ma main dans votre main.Vous qui faites rêver d’une amour éternelle,Vous m’offrez un bonheur qui doit mourir demainNon, je suis trop épris et vous êtes trop belle.
Vous pourrez aisément, après le rendez-vous,Courir à d’autres fleurs, légère et folle abeille ;Lorsque j’aurai touché votre lèvre vermeille,Moi, je ne pourrai plus aimer d’autre que vous !
Mon ivresse serait de larmes trop suivie !Je vous offre, si tel le veut votre désir.Et mon cœur de poète, et mon sang, et ma vie,Mais ne vous offre pas une heure de plaisir.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pommes d’ève, Paris, impr. de J. Claye, 1874· numérisation gallica.bnf.fr· Sources