Pommes d’ève, 1874· L’Attente
6. Seul
A Madame M. D.
Paris s’endort. Phœbé, sous la voûte des cieux,Penche sa tête blonde et les étoiles glissent.C’est l’heure où l’on se veut, où les lèvres frémissent ;Mignonne, c’est l’instant des songes radieux.
Toutefois malgré l’ombre et notre amour immense,Nous n’échangerons pas loin des yeux et du bruitCes regards éperdus que seule voit la NuitEt ces ardents baisers qu’entend seul le Silence.
A demain seulement. Mais bien que séparésA cette heure qui fit tant briller nos sourires,Peut-être sur ton sein vaguement tu m’attires ;Et te pâmes, qui sait ? dans mes bras adorés !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pommes d’ève, Paris, impr. de J. Claye, 1874· numérisation gallica.bnf.fr· Sources