Prima Verba, 1872
XXIII. A ma mère
Que j’aime auprès de toi la douce causerie,Les longs propos du soir que j’effeuille oublieux,Lorsqu’égarant ta main sur quelque broderieEt tes yeux sur mes yeux,
Tu m’écoutes parler de gloire, de patrie,Des grands jours du passé, de nos sombres aïeux,De l’honneur qui se perd et que chacun décrieDans ce siècle fangeux !
Parfois ta m’interromps pour me prier d’attendreDes destins plus heureux, et ta voix pure et tendreSoudain me rend muet ;
Car tes simples accents dans leur musique étrangeFont taire mes soucis, car c’est toi le bon angeQui veille à mon chevet.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources