Prima Verba, 1872
XI. A une enfant
Riez, riez, enfant, tandis que vos annéesS’écoulent en chantant, joyeuses, fortunées,Sous un ciel plein d’azur ;Votre bouche ne sait que prier et sourire,Vous ne savez le mal que pour l’entendre dire,Et chez vous tout est pur.
Riez, car si l’enfance est si belle et si chère,Sa couronne de fleurs bientôt tombe en poussièreSur le front abusé.On regrette plus tard de tout vouloir connaître,Et l’œil aride et sec voudrait pleurer peut-êtrePour un joujou brisé !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources