Prima Verba, 1872
XXXII. Chanson
Si vous l’aimiez un peu, comme un enfant créduleUn soir à vos côtés laissant errer ses pas,Il vous dirait alors pourquoi son âme brûle,Si vous l’aimiez un peu, — mais vous ne l’aimez pas.
Si vous l’aimiez un peu, sa rêveuse penséeA vos sacrés genoux vous conterait tout basLa folle illusion que son âme a bercée,Si vous l’aimiez un peu, — mais vous ne l’aimez pas.
Si vous l’aimiez un peu, lorsque la nuit frissonne,Et qu’un secret désir nous tourmente ici-bas,D’un seul mot, d’un regard vous lui feriez l’aumône,Si vous l’aimiez un peu, — mais vous ne l’aimez pas.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources