Prima Verba, 1872
XXXIII. « Jane, malgré votre âge insouciant et vain »
A MADEMOISELLE J. DE C.
Jane, malgré votre âge insouciant et vain,Vous êtes bien rêveuse et votre âme oppressée,Comme un joyau splendide au fond de son écrin,Étincelle en vos yeux, fiévreuse et caressée.
Car votre instinct vous dit qu’il est triste et mesquinD’exciter les regards de la foule empressée,Car la blonde chimère habite en votre sein,Car Dieu vous donna tout : la forme et la pensée.
Soyez heureuse ainsi ; si plus tard la Beauté ,Cette infidèle enfant qui jure éternité,Désertait votre front séduisant et suprême,
Vous seriez belle encore et vous plairiez quand même,Puisqu’il est des esprits étrangers au communQui, bien qu’aimant la fleur, préfèrent son parfum.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources