Prima Verba, 1872
XXV. « Lorsque je t’ai parlé, puis remis au passage »
Lorsque je t’ai parlé, puis remis au passage,Ce doux papier tracé par ma tremblante main,Pourquoi donc la rougeur sur ton charmant visageBrilla-t-elle soudain ?
N’est-ce pas la pudeur qui dans tes yeux rayonne ?Est-ce plaisir, contrainte, ou chimérique affront,Ou bien quelque secret que ta lèvre emprisonneEt qui parle à ton front ?
Oh ! garde ta rougeur, garde-la, jeune fille !C’est l’oiseau dans les bois que sa chanson trahit,C’est le cœur en prison qui se montre à la grille,C’est l’âme qui sourit !
Heureux, trois fois heureux qui dans la sombre fêteOù les pauvres humains se vautrent à plaisir,Peut tressaillir encore et sait baisser la tête,Heureux qui peut rougir !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources