Prima Verba, 1872
XX. « On valsait au salon attenant. Fou de joie »
On valsait au salon attenant. Fou de joie,Après avoir baissé les portières de soie,J’étais à ses pieds et la couvrais de baisers.Nous étions seuls, — huit jours entiers s’étaient passésSans la voir et j’avais enduré le martyre ;Ce que j’avais souffert, je ne saurais le dire :Autour de son hôtel, chaque jour vainement,J’avais rôdé comme un naïf… HeureusementQu’un seul de ses baisers peut payer bien des larmes !Je lui dis mes soucis, mes doutes, mes alarmes ;Qu’avant elle était moins rare ; je lui dis tout.Cinq minutes où Ton est heureux, c’est beaucoupEt quand la foule entra, la valse terminée,J’avais pris un maintien contre la cheminée,Nous causions de Musset, d’un air tout naturel,
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources