Prima Verba, 1872
V. Sonnet
A A MADAME C.
Madame, à vos côtés, j’aime à venir m’asseoir.Groupés autour du feu qui s’élève en spirales,Nous causons du présent, de ses luttes fatales,Des absents, de Paris que l’on voudrait revoir.
Chacun fait son plan de guerre, dans le boudoir ;Je lis de mes amours les fragiles annales,Et le doux entretien chasse par intervallesLe souci de nos fronts et ramène l’espoir…
En ce monde où si peu notre âme s’abandonne,Il est bon de trouver quelqu’un à qui l’on donneCe qu’on dérobe à tous, soit sourire, ou sanglot ;
C’est pourquoi, quand je pars, je reviens aussitôt.L’amitié, voyez-vous, comme les hirondelles,Sait retrouver son nid, car le cœur a des ailes !
Pau, janvier 1871.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources