Prima Verba, 1872
VIII. Théorie
Je t’ai connue ailleurs, sur un autre univers.Notre âme est un fluide, elle glisse au traversDe l’espace et s’en va de l’une à l’autre sphère.Sitôt crue nous rendons notre argile à la terre,Lame s’envole alors vers un astre vermeil,Pour habiter un corps au dernier corps pareil ;De l’amour qu’avait l’autre, elle anime cet être,Et c’est là l’idéal chéri qu’on croit connaître,Que l’on cherche toujours , le plus souvent en vain.C’est pourquoi, lorsqu’un jour, je fus sur ton chemin,Mon cœur battit avec violence à ta vue,Et que, rêveur, j’ai dit : « Où donc l’ai-je entrevue ?… »
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources