Prima Verba, 1872
XXVIII. « Vous me pardonnerez, si j’ai parlé, Madame »
Vous me pardonnerez, si j’ai parlé, Madame ;Un chagrin qu’on renferme est si lourd à porter !D’ailleurs, faible est mon chant, faible comme la rameQui ride le flot pur, mais ne peut l’arrêter.
On n’étouffe jamais le cri de la nature ;C’est pourquoi sur vos pas je reviens chaque jour.D’instinct, le passereau cherche sa nourriture,Les roses le soleil, et les âmes l’amour !
Je sais que c’est folie, espérance illusoire,D’oser porter la main sur des liens sacrés.Mais quand douce est l’erreur, souvent on veut y croireEt si j’ai mal agi, vous me pardonnerez.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources