Tout n’est pas rose, 1877
XVI. À ***
Ne voile pas ta grâce, ô colombe inquiète !Et laisse aller ce cœur que tu veux comprimer.Aime, parle et souris ! Enivre ton poëte !Ne crains pas de déplaire, enfant tu sais charmer.
Parle : ta voix plaintive est un orgue qui prie.Parle : mon être écoute et la lumière fuit.Ta parole est plus douce à mon âme assombrieQu’un chant du rossignol à la rêveuse Nuit !
Souris : ta bouche n’eut jamais de perfidie.Souris : je dors encore et j’attends le réveil.Ton sourire est plus doux à mon âme engourdieQu’à la Terre glacée un baiser du Soleil !
Aime : ton sein palpite et ta flamme est sacrée.Aime : voici ma lèvre et mon cœur est ouvert.Ton amour est plus doux à mon âme altéréeQue les pleurs de la Nuit aux sables du désert !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Tout n’est pas rose, Paris, CALMANN LÉVY, 1877· numérisation gallica.bnf.fr· Sources