Tout n’est pas rose, 1877
XV. Sur une tombe
Sur ton cercueil de plomb pèse une dalle énorme.Enfant ! n’est-ce pas trop pour tes fragiles bras ?Si Dieu te redonnait et le souffle et la forme,Tu voudrais revenir, tu ne le pourrais pas !
Ah ! pourquoi ces barreaux, ces chaînes et ces marbresLa tombe, c’est la couche et non pas la prison.Pensifs, à quelques pieds, libres sous le gazon,Laissons dormir les morts à l’ombre de grands arbres !
Vous avez donc bien peur, vivants pleins de rigueur !Que ces fantômes blancs, aux yeux creux sans paupières,Viennent vous reprocher l’oubli de votre cœurQue vous mettez leur front sous de si lourdes pierres !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Tout n’est pas rose, Paris, CALMANN LÉVY, 1877· numérisation gallica.bnf.fr· Sources